L’absence de Verlaine

love-1333508_1920.jpgL’absence

Quinze longs jours encore et plus de six semaines
Déjà! Certes, parmi les angoisses humaines
La plus dolente angoisse est celle d’être loin.
On s’écrit, on se dit comme on s’aime; on a soin
D’évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste
De l’être en qui l’on mit son bonheur, et l’on reste
Des heures à causer tout seul avec l’absent.
Mais tout ce que l’on pense et tout ce que l’on sent
Et tout ce dont on parle avec l’absent, persiste
A demeurer blafard et fidèlement triste.
Oh! l’absence! le moins clément de tous les maux!
Se consoler avec des phrases et des mots,
Puiser dans l’infini morose des pensées
De quoi vous rafraîchir, espérances lassées,
Et n’en rien remonter que de fade et d’amer!
Puis voici, pénétrant et froid comme le fer,
Plus rapide que les oiseaux et que les balles
Et que le vent du sud en mer et ses rafales
Et portant sur sa pointe aiguë un fin poison,
Voici venir, pareil aux flèches, le soupçon
Décoché par le Doute impur et lamentable.
Est-ce bien vrai?  Tandis qu’accoudé sur ma table
Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux,
Sa lettre, où s’étale un aveu délicieux,
N’est-elle pas alors distraite en d’autres choses?
Qui sait? Pendant qu’ici pour moi lents et moroses
Coulent les jours, ainsi qu’un fleuve au bord flétri,
Peut-être que sa lèvre innocente a souri?
Peut-être qu’elle est très joyeuse et qu’elle oublie?
Et je relis sa lettre avec mélancolie.

Paul Verlaine

 

Publicités

Poème du jour – Verlaine

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.
Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.
Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.
Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.

Paul Verlaine

 

Rencontre avec Le Télégramme – Carhaix

Colline Hoarau : « Parfois, on entend que les cultures traditionnelles nous enferment. Je crois au contraire que, quand on a bien compris notre histoire, nos racines, on ne peut que s’y sentir mieux, et ça nous ouvre aux autres ».

L’auteure réunionnaise Colline Hoarau, amoureuse du Centre Bretagne, dédicacera son nouveau roman, samedi 16 juin, à Carhaix.

Dans vos ouvrages, l’île de la Réunion apparaît toujours en filigrane. Quels liens vous y rattachent ?

Je suis née à La Réunion de parents réunionnais mais avec une histoire multiculturelle. Quand on est Réunionnais, on a forcément des Bretons dans nos ancêtres, au même titre que des Indiens, des Africains, ou des Français d’autres régions. Quand on est attaché à sa culture, on l’emmène où qu’on aille. Lorsque j’écris sur La Réunion, le but est ainsi de figer des moments ou des lieux car, quand on quitte un endroit, on emporte une malle d’émotions. Il me semble important de les mettre par écrit.

L’action de votre nouveau roman, « Peut-on tout réparer ? », est située en Centre Bretagne. Qu’est-ce qui vous relie au Kreiz Breizh ?

J’y ai travaillé dans le domaine de la formation. À cette occasion, j’ai pu découvrir la richesse patrimoniale, culturelle, traditionnelle…

Vous êtes notamment tombée amoureuse de la langue bretonne…

Quand je me suis installée en Bretagne il y a six ans, j’étais souvent frustrée de voir des panneaux que je ne comprenais pas. Il me semble que pour bien comprendre une culture, il faut apprendre la langue pour mieux la vivre. Parfois, on entend que les cultures traditionnelles nous enferment. Je crois au contraire que, quand on a bien compris notre histoire, nos racines, on ne peut que s’y sentir mieux, et ça nous ouvre aux autres. J’ai donc suivi un stage Stumdi durant six mois, avant d’obtenir une licence. Je viens même de valider mon niveau de breton parce qu’à la rentrée, je serai remplaçante en école primaire à Diwan ou en filière bilingue. J’ai peut-être enfin trouvé ma voie en plus de l’écriture.
Le nouveau roman est la suite d’un précédent ouvrage, « Sois sage Reine-May » publié il y a quelques années…

On y retrouve cette petite fille réunionnaise qui a été adoptée par des Bretons, qui continue à grandir et on y retrouve certains lieux emblématiques du Kreiz Breizh, à l’image de Sainte-Tréphine ou de la Vallée des Saints. C’est l’histoire de ce personnage fragile, au passé compliqué, qui découvre l’amitié et d’autres sentiments. « Sois sage Reine-May » continue à bien fonctionner. Certains lecteurs étaient tellement persuadés que l’histoire était réelle qu’ils sont allés chercher à Sainte-Tréphine le couple breton qu’ils n’ont jamais trouvé. Les gens ont parfois du mal à imaginer qu’on puisse inventer complètement une histoire et des personnages. Tout est inventé, sauf les lieux. Je m’attache à la réalité des lieux et j’essaye aussi d’avoir une cohérence dans la psychologie des personnages.
Pratique

Colline Hoarau dédicacera son dernier roman, « Peut-on tout réparer ? », samedi 16 juin, à la Maison de la presse de Carhaix, de 10 h à 12 h.
© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/carhaix/litterature-colline-hoarau-a-adopte-la-bretagne-13-06-2018-11992626.php#e4wr1JMXD9SFVQlf.99

Prochaines rencontres en Bretagne Fin mai – Juin

  • Participation au repas des adhérents de France Parkinson au Grand Large à Ploufragan le jeudi 31 mai.

Invitation Le Grand Large

fest kabar

  • Repas avec Fest-kabar, une association culturelle mêlant les deux cultures, réunionnaise et bretonne, le Samedi 2 juin à Saint-Brandan – 22
  • Salon du livre de Vannes le dimanche 10 juin

livre vannes

  • Dédicaces à la Maison de la Presse de Carhaix (29) –
    2 Rue des Martyrs, 29270 Carhaix-Plouguer. De 10 h à 12h30
    Il est possible de réserver un exemplaire au : 02 98 93 04 77
    carhaix
  • Rencontre avec les lecteurs à la bibliothèque de Landéhen – 7 Place du Bourg, 22400 Landéhen le samedi 23 juin de 10h30 à 12h.

biblio

Réservez votre ouvrage dédicacé à l’avance : hoarau.colline@gmail.com

 

 

Chronique de Nancy – Les livres de Nancy

Je remercie tout d’abord l’autrice Colline Hoarau pour l’envoi de son roman « Peut-on tout réparer ? ». Ce livre est la suite de « Sois sage, reine-May » que j’avais beaucoup aimé. Du coup, j’étais très curieuse de découvrir ce second tome.

Dès les premières pages, nous retrouvons Reine-May ainsi que ses parents adoptifs, mais nous allons également découvrir de nouveaux personnages qui vont graviter autour de Reine-May : Léna et Arnaud.
J’ai bien aimé ma lecture. Dans ce second tome, l’autrice nous fait voyager de la Bretagne à la Réunion en passant par la Bourgogne que Reine-May va découvrir avec son amie Léna.
 Les descriptions faites par l’autrice sont toujours autant immersives et nous découvrons un peu plus la Réuniongrâce aux différents souvenirs de Reine-May. J’ai beaucoup aimé les comparaisons des différentes coutumes et usages de la Réunion avec celle de la Bretagne.
J’ai également adoré retrouver Reine-May que nous voyons évoluer petit à petit dans ce second tome. Elle est toujours fidèle à elle-même, elle reste une jeune femme très réservée mais elle s’ouvre peu à peu aux autres et elle se tourne de plus en plus vers le futur même si son passé douloureux et ses vieux démons ne sont jamais loin.
Pour lire la suite de la chronique, cliquez ici.

Article du Télégramme

Samedi 19 mai, à la Maison de la presse, Colline Hoarau est venu à la rencontre de son public pour dédicacer son dernier livre « Peut-on tout réparer ? ». Un ouvrage écrit après ses deux premiers romans, « Notre vie à trois » et « Sois sage, Reine-May ». Colline Hoarau, Réunionnaise d’origine est parfaitement intégrée en Centre-Bretagne, où elle a beaucoup travaillé dans le domaine social, comme à Rostrenen à l’Arep de Campostal. Aujourd’hui, elle est en poste à, l’école Diwan de Saint-Brieuc. La culture et la langue bretonnes, elle les a étudiées à l’Université de Rennes 2. Sa proximité avec la maladie de Parkinson, l’a porté à faire partie du comité France Parkinson. C’est surtout sur cette question qu’elle écrit et qu’elle explique à ses lecteurs la maladie, l’environnement, le soutien, les aidants, les espoirs…

Pratique 
« Peut-on tout réparer ? », est disponible à la Maison de la presse de Rostrenen.