Article « Le choix des libraires »

Sois sage, Reine-May

Couverture du livre Sois sage, Reine-May

Auteur : Colline Hoarau

Date de saisie : 08/02/2017

Genre : Romans et nouvelles – français

Editeur : ÉDITIONS DÉDICACES, Montréal, Canada

ISBN : 9781770766341

GENCOD : 9781770766341

Sorti le : 18/01/2017

  • Le courrier des auteurs : 01/02/2017

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis née à la Réunion au siècle dernier.
J’ai beaucoup voyagé, bougé et changé de métier pour m’installer en Bretagne, région que j’ai appris à aimer. J’y apprends la langue et la culture pour comprendre et partager cet esprit.
J’y écris des romans lorsque je ne fais pas de formation (bureautique, remise à niveau, projet professionnel,…). J’aime changer de style et de sujet. Car écrire, c’est s’adapter à des lecteurs différents, être prêt à intégrer d’autres techniques, passer d’un genre à l’autre. Je suis passionnée par la langue et la culture bretonne. J’ai décidé d’approfondir mes connaissances dans ce domaine.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le roman Sois sage, Reine-May édité par Dédicaces est l’histoire d’une jeune créole adoptée par un couple de Bretons attachants, avec chacun son histoire individuelle ou collective. Si le secret à découvrir est le fil du roman, deux environnements s’entrechoquent et se rencontrent : la Réunion et la Bretagne. Reine-May est le pont entre les deux. On y trouve des descriptions de paysages magnifiques, apprenant à découvrir ou retrouver les deux régions éloignées – pas tant que cela – par leurs traditions, leurs cultures de la terre, leurs langues, la nature, leurs valeurs,…
C’est un récit de tolérance, de voyage et d’entraide. Il ressort de la lecture de ce roman une impression de sérénité qui nous apprend à aimer la Bretagne et son authenticité.
Une belle balade pleine de surprises au coeur de la Bretagne, à Sainte-Tréphine, à la découverte de sa légende et de ses personnages emblématiques.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
– Moi aussi alors, je peux être Bretonne ?
– Mais bien sûr, tu l’es ! Cela n’a rien à voir avec la couleur de peau et de cheveux ! Tu es Reine-May, la petite Bretonne.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un chant breton de Denez Prigent.

5) Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La multiculturalité. Il me semble important de faire comprendre les richesses et les interactions entre des cultures qui paraissent éloignées et qui, pourtant, partagent des valeurs, des traditions.

  • Les présentations des éditeurs : 01/02/2017

À dix ans, Reine-May quitte son île, la Réunion, pour être adoptée par un couple de Bretons dans le Centre Bretagne, à Sainte-Tréphine. Quelques années plus tard, elle reçoit une lettre. Elle doit venir régler des affaires dans l’Océan Indien. C’est un voyage dans le temps dans deux univers différents : la Bretagne et la Réunion.
Le lecteur plonge dans les charmes de ces régions éloignées.
Reine-May a un secret que nous serons amenés à deviner et à découvrir. Ce troisième roman de l’auteure est entraînant, oscillant entre la découverte et l’émotion. Bon voyage à ceux qui auront la chance de le commencer !

Colline Hoarau est née à la Réunion. Il est nécessaire de connaître ses origines créoles pour comprendre son attachement au multiculturalisme et son ouverture sur le monde. Très engagée dans le monde associatif, elle exerce comme formatrice et apprécie l’idée du passage de connaissances. Depuis quelques années, elle vit en Bretagne dont elle explore la culture. Elle termine une licence de Breton et langues celtiques.
Après «L’Adieu à Lila», consacré à la Réunion des années 70, elle a écrit un émouvant roman sur la maladie de Parkinson. «Sois sage, Reine-May» apparaît comme le plus abouti de ses ouvrages où se mêlent une intrigue, un secret, et les deux pays de son coeur, La Réunion et La Bretagne.

  • Les courts extraits de livres : 08/02/2017

La lettre

Ce matin, la lettre était arrivée. De l’île. Habituellement, l’homme aux lettres, comme on l’appelait en breton, glissait rapidement la correspondance dans la fente de la boîte aux noms effacés par le temps.
Aujourd’hui, le facteur de Sainte-Tréphine, le village où j’habitais, se montrait intéressé. On ne recevait plus beaucoup de papier. Seules quelques factures étaient expédiées. Les anciens du village qui restaient n’avaient ni envie ni besoin de se mettre à l’ordinateur et de ne plus recevoir de courrier. C’était bien plus amusant d’aller à Saint-Nicolas-du-Pelem pour le marché du samedi ou encore celui du mardi à Rostrenen, pour rencontrer du monde, surtout les anciens. Sinon quoi ? On ne bougerait plus de chez soi, assis à la table, devant un écran qui ne parlerait pas ? Non, alors !
Aujourd’hui, Monsieur Le Page, que je n’osais appeler Erwan, me demandait comment allait la famille, me parlait du temps qui avait été pluvieux, plus que d’habitude au mois de juin, ha pemp ha pevar. Il attendait de savoir ce que c’était, les yeux fixés sur l’enveloppe voyageuse. Je savais bien que je l’intriguais depuis des années avec ma tête qui ne ressemblait à aucune autre à cent lieues à la ronde.
Je regardais de côté l’écriture sans comprendre, cherchant à la retrouver dans ma mémoire. Écriture bâton, hésitante, comme celle de quelqu’un qui n’a pas l’habitude d’écrire. Ce n’était pas mon anniversaire. Pas une seule carte postale, jamais des voeux de bonne année pour moi. Personne ne pensait à moi dans le monde ? Pour mon anniversaire du 7 septembre, jamais je ne reçus de mot, malgré mes espoirs et mes attentes. J’avais appris avec le temps qu’on obtenait rarement ce qu’on souhaitait. Pourtant, j’y croyais fermement.
Une lettre écrite par une vraie personne, non pas venant d’une quelconque administration. Un cachet de Saint-Philippe, île de la Réunion, à 9 000 km de là. L’autre bout du monde. Un monde devenu inconnu pour moi dont pourtant j’étais issue.
Je dis au revoir au facteur, obligé de s’en aller. Je déchirai fébrilement les bords collés. Le papier de petit format était blanc avec des lignes bleues, plié soigneusement. On avait utilisé un stylo bleu, un bic.

«Chère Reine-May, (avec un y)

Cela n ‘a pas été facile de te retrouver. J’espère que tu recevras mon courrier.
Je ne sais pas si tu te souviens de moi. Je suis ta matante, Dolaine, la soeur de ta moman. Je ne t’ai pas beaucoup vue quand tu étais petite. C’est vrai que je ne t’ai pas cherchée pendant toutes ces années. Mais j’ai souvent pensé à toi. Tu étais une si gentille petite fille !
Je t’écris aujourd’hui pour te dire que ta moman a rejoint le Bon Dieu au ciel le 5 de ce mois. Elle était malade. Elle est partie bien vite. Parfois, elle parlait de toi. Elle regrettait tous les jours de ne pas avoir su te garder. Elle m’a fait promettre de te rechercher.
Il faut que tu viennes à la Réunion.
…»

(…)

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