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Peut-on tout réparer ? vu par Léna, Un univers de livres

Mon avis :
Quatrième livre que je lis de Colline Hoarau et quel doux moment de passer ! Je suis toujours heureuse de retrouver sa plume poétique et envoûtante qui aborde des thèmes et cultures intéressantes; un grand merci à l’autrice pour cet envoi et l’adorable dédicace !!!
J’ai retrouvé avec plaisir Reine-May, l’héroïne de Sois sage, Reine-May que vous n’êtes pas obligés d’avoir lu pour lire Peut-on tout réparer ? même si je vous le recommande tout de même pour mieux comprendre le personnage ! Elle va faire la rencontre de Léna *plus beau prénom de l’univers, n’est-ce pas ?!* qui va devenir son amie, la seule. J’ai adoré assister à la naissance de cette chouette amitié entre deux jeunes filles différentes, surtout au niveau du caractère, mais qui possèdent la même ambition : être infirmière. Le Soleil rencontre la Lune dans une éclaboussure de joie et de spontanéité qui donne le sourire !

La description des lieux est aussi délicate que réaliste, remplie d’informations intéressantes, enrichissantes ! Entre la Bretagne, la Réunion et la Bourgogne, l’autrice nous offre un mélange de flore, de saveurs et de cultures passionnant. Il n’y a pas un amas de connaissances divulguées à la suite, sans transition, bien au contraire ! Le tout s’intègre bien avec l’histoire de l’héroïne, ce qui lui donne de la profondeur et une personnalité bien dessinée.

Reine-May est donc une adolescente touchante qui essaie de se construire, d’aller de l’avant même avec le drame vécu. Ses émotions et sensations sont transmises avec justesse même si je ne me suis pas forcément identifiée à elle. Je la voyais plutôt comme une cousine attachante même si son côté réservé m’énervait parfois… Elle reste un personnage plaisant à suivre qui se pose des questions sur la vie qui font écho aux nôtres… Bien des passages m’ont remuée.

J’ai encore aimé apprendre des légendes, recettes, habitudes liées à la Réunion et Bretagne, même derrière une note nostalgique… Il m’a juste manquée un rythme plus dynamique avec des dialogues plus pimpants, moins descriptifs. Des moments m’ont parue un brin lents, mais c’était plaisant de ressentir l’amour de l’autrice pour ces deux régions du monde à travers les souvenirs, ce que vit l’héroïne !

Sinon j’ai adoré le moment où Reine-May et Léna visitent Beaune ! J’avais l’impression de me trouver dans cette chouette ville et de redécouvrir l’Hotel-Dieu. Un lieu que je vous conseille vivement de voir !

Au fil du récit, un garçon apparait mais de manière saugrenue pour tout vous dire... Une entrée dans l’histoire non anodine mais la suite m’a tout de même plu : le secret qui l’accompagne est chamboulant, j’étais impressionnée… 

Une bonne lecture pour une intrigue et deux cultures qui prennent au cœur !
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Rencontre avec Le Télégramme – Carhaix

Colline Hoarau : « Parfois, on entend que les cultures traditionnelles nous enferment. Je crois au contraire que, quand on a bien compris notre histoire, nos racines, on ne peut que s’y sentir mieux, et ça nous ouvre aux autres ».

L’auteure réunionnaise Colline Hoarau, amoureuse du Centre Bretagne, dédicacera son nouveau roman, samedi 16 juin, à Carhaix.

Dans vos ouvrages, l’île de la Réunion apparaît toujours en filigrane. Quels liens vous y rattachent ?

Je suis née à La Réunion de parents réunionnais mais avec une histoire multiculturelle. Quand on est Réunionnais, on a forcément des Bretons dans nos ancêtres, au même titre que des Indiens, des Africains, ou des Français d’autres régions. Quand on est attaché à sa culture, on l’emmène où qu’on aille. Lorsque j’écris sur La Réunion, le but est ainsi de figer des moments ou des lieux car, quand on quitte un endroit, on emporte une malle d’émotions. Il me semble important de les mettre par écrit.

L’action de votre nouveau roman, « Peut-on tout réparer ? », est située en Centre Bretagne. Qu’est-ce qui vous relie au Kreiz Breizh ?

J’y ai travaillé dans le domaine de la formation. À cette occasion, j’ai pu découvrir la richesse patrimoniale, culturelle, traditionnelle…

Vous êtes notamment tombée amoureuse de la langue bretonne…

Quand je me suis installée en Bretagne il y a six ans, j’étais souvent frustrée de voir des panneaux que je ne comprenais pas. Il me semble que pour bien comprendre une culture, il faut apprendre la langue pour mieux la vivre. Parfois, on entend que les cultures traditionnelles nous enferment. Je crois au contraire que, quand on a bien compris notre histoire, nos racines, on ne peut que s’y sentir mieux, et ça nous ouvre aux autres. J’ai donc suivi un stage Stumdi durant six mois, avant d’obtenir une licence. Je viens même de valider mon niveau de breton parce qu’à la rentrée, je serai remplaçante en école primaire à Diwan ou en filière bilingue. J’ai peut-être enfin trouvé ma voie en plus de l’écriture.
Le nouveau roman est la suite d’un précédent ouvrage, « Sois sage Reine-May » publié il y a quelques années…

On y retrouve cette petite fille réunionnaise qui a été adoptée par des Bretons, qui continue à grandir et on y retrouve certains lieux emblématiques du Kreiz Breizh, à l’image de Sainte-Tréphine ou de la Vallée des Saints. C’est l’histoire de ce personnage fragile, au passé compliqué, qui découvre l’amitié et d’autres sentiments. « Sois sage Reine-May » continue à bien fonctionner. Certains lecteurs étaient tellement persuadés que l’histoire était réelle qu’ils sont allés chercher à Sainte-Tréphine le couple breton qu’ils n’ont jamais trouvé. Les gens ont parfois du mal à imaginer qu’on puisse inventer complètement une histoire et des personnages. Tout est inventé, sauf les lieux. Je m’attache à la réalité des lieux et j’essaye aussi d’avoir une cohérence dans la psychologie des personnages.
Pratique

Colline Hoarau dédicacera son dernier roman, « Peut-on tout réparer ? », samedi 16 juin, à la Maison de la presse de Carhaix, de 10 h à 12 h.
© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/carhaix/litterature-colline-hoarau-a-adopte-la-bretagne-13-06-2018-11992626.php#e4wr1JMXD9SFVQlf.99