Pourquoi, pour quoi ou pour qui écrire ?

écrire

Le plus difficile est sûrement de commencer ou parfois de finir son livre. Roman? Nouvelles ? Textes spontanés suivant le fil des pensées et l’état de son âme ?

On sait surtout qu’on n’a pas le droit de le rater, ce début, qu’il va être lu – peut-être – rapidement, tenant lieu de première (et dernière ?) impression. Sera-ce la bonne ou celle qui mettra notre ouvrage en péril, transformera nos espoirs en fumée et réduira nos rêves en cendres ?

J’ai toujours rêvé d’être éditée. Alors, pour conserver ce rêve le plus longtemps possible, je n’ai pas cherché à l’être, écrivant, perdant parfois les feuillets, les carnets de jeunesse. Par peur de perdre ce rêve qui me motivait.

Est-ce pour la renommée, pour le plaisir d’être lu, pour l’intimité dégagée et qui n’échappe à personne ? Pour que tous ceux qui me connaissent se disent ne pas me connaître telle que je me révèle dans ce que j’écris ? Pour la surprise, pour la connaissance des autres ou la reconnaissance de soi ?

Il m’est tellement facile d’écrire, de jeter des lignes de mots selon mon humeur, de faire frivole ou mariole, d’écrire la même chose sous mille formes différentes, passant de mon ton amoureux à ma tendresse amicale, au style neutre ou grave, d’après les circonstances.

Je suis une femme de l’écrit. Je n’ai jamais su parler. Mon seul mode de communication, c’est l’écrit. Alors tant pis pour ceux qui me rateront toujours à ne pas savoir me lire ou pire, à ne pas m’inspirer ou me donner envie de leur écrire. J’ai parfois aimé m’appliquer à mal écrire pour qu’on ne découvre pas cette facette. Des choses banales : je vais bien, tout se passe pour le mieux. Rien qui exprime réellement la réalité. Juste de quoi cacher tout ce que je n’ai pas envie de dire.

Et puis, écrire, c’est affronter les autres. Dans ce qu’on a envie de dire. Les autres vont découvrir … que vous écrivez, que vous savez écrire, ou que vous écrivez mal. Ils se cherchent à travers un prénom, une histoire, déçus s’ils ne se trouvent pas, blessés s’ils croient se voir sous des attraits peu ragoutants.

Une fois écrites, les histoires ont leur propre vérité. Dans le roman « L’adieu à Lila », certains cherchent ce qui est vrai et ce qui est faux. Rien n’est vrai. Le regard de l’écrivain est passé par tant de filtres, celui des autres, des souvenirs, des blessures, des bonheurs. La volonté de l’auteur a été de restituer parfois ce que les autres protagonistes pensent et expriment. Ce serait dangereux et inapproprié d’exprimer ses propres pensées. Celles-là sont secrètement gardées et à jamais. Ce n’est pas l’auteur qui voit, regarde et exprime son avis. Ce sont les « ladilafé » de la Réunion, la radio Chouchen, en Bretagne, … Les caricatures sont l’expression d’un parole libérée des uns et des autres sur les uns et les autres. L’auteur se gardera bien de donner son avis.

Les mots peuvent blesser. On les découvre. On se reconnaît ou on croit se reconnaître. On est curieux de savoir ce que l’autre pense de soi. On croit plus facilement ce qui est écrit que ce qui est dit. Pourquoi  accorde-t-on tant d’importance aux livres ? Les mots lancés de la colère n’auront jamais le même poids que ceux écrits consciemment. On s’attend à lire des merveilles. On est banalisé ou on n’existe pas et on est déçu. On se fâche. Parce qu’on a reconnu une méchante description de soi.

Ecrire, c’est parfois embellir les choses. Comment décrire la promiscuité de certaines situations ? On romance, rajoutant des qualificatifs, arrondissant les angles. La photographie d’un lieu sordide peut paraître belle même si le lieu est répugnant. C’est le regard qui rend belles les choses. Et le lecteur devient le magicien qui, de par son imagination, va faire vivre les personnages tels qu’il les voit.

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