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L’albatros de Baudelaire

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Baudelaire avait pu voir des albatros lors de la traversée jusque, dans I’Océan lndien, à l’île Bourbon (aujourd’hui, la Réunion) qu’il fit entre 1841 et 1842. Le poème serait né d’un incident survenu au cours de cette traversée qu’il raconta à l’île Maurice : un soir, comme un grand albatros s’était abattu sur le pont, les hommes d’équipage s’amusèrent à le malmener, à le rendre  ridicule, allèrent jusqu’à lui brûler les yeux avec une pipe. Il vit le jeu sinistre, et, fou de rage, se précipita sur l’un des bourreaux, un grand matelot, et le frappa des pieds et des poings jusqu’à l’instant où le capitaine les sépara. À son retour, il aurait encore souvent raconté à ses amis cette anecdote.  Selon Ernest Prarond, il avait même «certainement» rapporté de son voyage un poème qui y était consacré, et qu’il récita «dès son retour». Un autre ami, Henri Hignard, se souvint qu’il lui lut ‘’L’albatros’’ à I’hôtel Pimodan, par conséquent entre 1843 et 1846, et il ajouta qu’il avait été «composé sur Ie pont du navire en pleine mer». Les trois premières strophes du poème donnent bien l’impression du souvenir. D’après Le Comptoir Littéraire, André Durand

 

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,

L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles Baudelaire (1821-1867)

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Article du Télégramme

Samedi 19 mai, à la Maison de la presse, Colline Hoarau est venu à la rencontre de son public pour dédicacer son dernier livre « Peut-on tout réparer ? ». Un ouvrage écrit après ses deux premiers romans, « Notre vie à trois » et « Sois sage, Reine-May ». Colline Hoarau, Réunionnaise d’origine est parfaitement intégrée en Centre-Bretagne, où elle a beaucoup travaillé dans le domaine social, comme à Rostrenen à l’Arep de Campostal. Aujourd’hui, elle est en poste à, l’école Diwan de Saint-Brieuc. La culture et la langue bretonnes, elle les a étudiées à l’Université de Rennes 2. Sa proximité avec la maladie de Parkinson, l’a porté à faire partie du comité France Parkinson. C’est surtout sur cette question qu’elle écrit et qu’elle explique à ses lecteurs la maladie, l’environnement, le soutien, les aidants, les espoirs…

Pratique 
« Peut-on tout réparer ? », est disponible à la Maison de la presse de Rostrenen.

Merci à Wanda Nicot

évasion littérairePour voir et écouter l’évasion littéraire consacrée à Notre vie à trois, cliquez ici.

Ce n’est pas un exercice aisé que de se prêter au jeu des questions et réponses lors d’une émission littéraire.

Il est certainement plus facile pour un écrivain d’écrire que de parler. Qui n’a pas été déçu en entendant un de ses écrivains préférés s’exprimer maladroitement ?

Le professionnalisme de Wanda Nicot, journaliste, dans l’émission « Evasion littéraire » va aider l’auteur à parler de son livre.

L’écrivain découvre les questions et doit y répondre rapidement et clairement.

L’auteur sait-il pourquoi il a utilisé telle expression ?

Quel message voulait-il faire passer ?

Autant de découvertes sur la vision et l’interprétation de l’autre.

L’appréhension du début passe vite avec la mise en confiance.

Merci à Wanda Nicot !